A la rentrée de septembre, notre groupe avait rencontré certains membres
du bureau afin de faire le tour de la situation et voir les points de
convergence possibles. Il est apparu sur le fond que nous continuions
à être sur des lignes difficilement conciliables. Nous mettions le Bureau
en garde contre les risques d'une manifestation peu suivie. Le Bureau
semble s'être satisfait d'une participation de 3000 manifestants, ce
qui représente une perte de près de 50 % des manifestants de Quimper,
un an auparavant.
Nous avions aussi demandé la tenue rapide d'une nouvelle Assemblée
Générale extraordinaire, pour repenser la politique de Diwan. Cette
AGE a été programmée, mais repoussée en fin novembre.
L'enjeu réel de cette AGE, au-delà de la redéfinition de la politique
de Diwan, reste à notre sens essentiellement interne. Les débats vont
tourner autour du thème de l'unité de l'Association : allons-nous pouvoir
nous retrouver autour d'une équipe unitaire, en vue d'un objectif commun
? Depuis la rentrée, le discours du Bureau s'est présenté comme un discours
unitaire. Il a même instrumentalisé notre rencontre de septembre pour
mobiliser des parents dans le doute. Et c'est au nom d'une ligne politique
unitaire qu'il a retiré à Michel Le Tallec son poste de trésorier.
Il est plus que temps d'avoir une autre vision politique de l'unité
de Diwan. Vouloir tout regrouper sous la bannière étoilée du Bureau
est dévastateur pour Diwan. Après Daniel Kernalegenn, Marie Madeg, Dora
Vargas et Philippe Oillo, ce sont les autres membres de l'opposition
du CA qui sont partis ou ont été écartés. Maintenant, c'est le trésorier
qui est mis sur la touche. Qui sera le suivant ? Vers quelle unité nous
dirigeons-nous, si plus personne ne peut s'exprimer différemment sans
être exclu, et voué à l'opprobre générale ?
Il y avait 6000 personnes à Quimper voilà un an. 3000 seulement à Vannes,
et malgré cela, on a entendu comme un soupir de soulagement car on craignait
encore pire. Combien y aura-t-il de personnes à manifester la prochaine
fois ? Et que l'on n'accuse pas encore et encore les mêmes écoles minoritaires
d'avoir démobilisé les parents ! Il ne faut pas confondre la cause avec
les effets.
Il faut absolument changer de discours et créer l'unité non pas par
les démissions forcées ou contraintes, mais par une volonté réelle de
synthèse entre les tendances. La synergie n'existera que le jour où
l'on n'exclura plus les opposants, où l'on ne demandera plus de ne pas
voter pour ceux qui ne sont pas d'accord avec le bureau*, où les dirigeants
seront capables de se remettre en cause et de voir leurs responsabilités
profondes dans la crise interne et externe de Diwan, non pas pour s'exclure
à leur tour, mais pour permettre un vrai redémarrage de l'association,
dans une confiance réciproque retrouvée.
Unir, c'est regrouper. Vouloir procéder autrement, c'est condamner
Diwan à n'être plus qu'un groupuscule autour d'une équipe restreinte,
loin de toutes les luttes qui ont fait la force et l'unité de notre
mouvement.
Il nous paraît nécessaire que soit promue à Diwan une nouvelle politique
centrée sur les valeurs d'unité dans la pluralité, de respect de l'autre.
Il nous paralrt aussi nécessaire, sans pour autant perdre de vue des
solutions à construire à plus long terme, d'axer la politique de Diwan
sur le concret et le pragmatisme, en nous appuyant sur ceux qui ont
toujours aidé Diwan.
Cette nouvelle politique, l'équipe dirigeante actuelle ne nous paraît
pas en mesure de la mener. Malgré les deux échecs consécutifs de la
politique d'intégration, elle persiste dans ses options en trompe-l'oeil,
sans même essayer d'entendre ceux qui préconisent d'autres voies, sans
même laisser à ceux-ci le droit de s'exprimer sereinement.
Le salut de Diwan passe par un renouvellement raisonné de l'équipe
dirigeante qui est incapable d'écouter les diverses voix au sein
de l'association et donc, par là même, rend impossible tout retour à
une véritable unité.
* Motion de l'école de Rennes, passée en boucle sur
écran tout au long de l'AG de Guingamp.